CRISE SANITAIRE, INEGALITES ET PAUVRETE

Mettre les villes à l’arrêt sauvera certes [des gens] du coronavirus, mais ces mêmes personnes seront alors en proie à la famine.

Imran Khan, Premier ministre du Pakistan

Le Coronavirus a déjà tué plus de 170 000 personnes dans le monde entier en l’espace de quelques semaines. Selon Elsland & O’Hare (2020), la pandémie pourrait tuer près de 40 millions de personnes. Mais au-delà des aspects sanitaires, s’ajoutent hélas des aspects économiques. Le confinement a marqué un arrêt brutal de production dans le monde entier. Et pour couronner le tout, il semble que ceux qui vont subir de plein fouet simultanément les crises sanitaire et économique, sont les plus démunis. Ce document vise à présenter les conséquences économiques de la crise sanitaire sur les populations les plus pauvres. Le confinement touche les populations fragiles notamment par le fait qu’il affecte principalement le marché du travail, donc l’emploi et les salaires. Il convient alors de présenter au préalable l’impact de cette crise sur le marché du travail, une des principales sources d’inégalités et pauvreté.

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Mme Le Pen, vous ne taxez pas l’Etranger, mais le pauvre Français…

Bon, soyons clairs, je n’aime pas le programme de Mme Le Pen, ni le personnage. Mais il me semble évident que l’on ne peut critiquer les idées de Mme Le Pen sur le seul fait que ce soit le FN qui en fasse l’annonce. Il est nécessaire d’analyser ces idées, de les approuver ou les combattre, mais en exerçant un travail analytique (mais soyons simples) et non pas en stipulant simplement que l’idée est mauvaise puisque cette dernière émane du FN. Si l’on doit résumer le programme de Mme Le Pen, il s’agit tout bonnement (ou très bêtement) de faire croire que les pauvres, les chômeurs, les exclus, etc. vont s’enrichir par le protectionnisme, c’est-a-dire en rendant « l’étranger » plus cher…

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Les Inégalités 3/3 : Quelles explications ?

Un premier article s’était attaché à définir les inégalités, illustré par l’exemple français. Dans l’article 2, nous sommes intéressés aux comparaisons internationales. Ce dernier article sur les inégalités met en lumière les principales explications des disparités salariales.

Les comparaisons internationales montrent que les inégalités dans le plupart des pays de l’OCDE, et notamment européens demeurent à des niveaux relativement moyens par rapport au reste du monde. Néanmoins, le FMI et l’OCDE s’accordent à dire que les pays riches connaissent tout de même une forte croissance des disparités, jamais observée depuis trente ans. L’observation du coefficient de Gini (allant de 0, si la répartition du revenu est parfaitement uniforme entre chaque personne, à 1, si une personne possède tout le revenu) a augmenté dans 16 pays de l’OCDE (parmi les 21). La progression a été notamment forte en Finlande et Suède. En France, on note que l’évolution a été pratiquement nulle, et l’inégalité s’est réduite en Grèce et en Turquie. Lire la suite

Des syndicats plus forts face à une banque centrale indépendante

Il est aujourd’hui communément admis que l’inflation en Europe est contrôlée par la politique monétaire mise en place par la Banque Centrale Europeenne (BCE). En effet, si les politiques structurelles ont une importance non négligeable dans la limitation de la croissance des prix, notamment la politique de la concurrence, la politique conjoncturelle élaborée par la BCE visant à contrôler la croissance monétaire a bel et bien pour but de limiter à moyen terme l’inflation. Les analyses économiques contemporaines ont permis de mieux appréhender la manière dont les banques centrales doivent se comporter, en intégrant l’idée selon laquelle ces dernières sont tenues de prendre en considération le fonctionnement du marché du travail. Plus précisément, de nombreux économistes ont montré que les politiques de stabilisation des banques centrales ne peuvent s’exercer sans porter une attention particulière aux institutions régissant le marché du travail, et  notamment les syndicats. La raison est a priori très simple : les syndicats auraient tendance à exercer une pression à la hausse sur les rémunérations des travailleurs, pression qui se répercuterait sur les prix dès lors que les gains de productivité seraient insuffisants, c’est la fameuse inflation par les salaires. On comprend alors que la banque centrale se doit de réagir face à hausse des prix, en utilisant son instrument monétaire. Lire la suite

Les enseignements du multiplicateur : Le problème n’est pas l’Euro, mais l’austérité

L’Europe n’est pas au mieux de sa forme, cela ne fait aucun doute : la zone Euro connait une croissance négative de son PIB réel en 2012 (-0,7%), après deux années de croissance moyenne (comprise entre 1,5 et 2%) et surtout l’année 2009 caractérisée par un effondrement de son PIB réel (-4,4%). Et il n’est pas prévu que 2013 soit une année de forte croissance : pour les 3 premiers trimestres, la croissance du PIB au prix de marché est de 0,2%, selon Eurostat. Depuis 2008, le chômage dans la zone n’a cessé de grimper, passant de 7,6% à 12,1% de la population active, représentant plus de 19 millions de personnes à la recherche d’un emploi. Ces mauvais chiffres de la zone affectent différemment les pays européens. Les taux de chômage s’envolent dans de nombreux pays du Sud, notamment en Grèce (plus de 27%), en Espagne (plus de 25%) ou au Portugal (plus de 15%). Du coté des pays du Nord, le marché du travail semble se porter bien mieux, en particulier, le chômage est faible en Allemagne (5,1%), Danemark (6,9%), Luxembourg (6,2%) ou Autriche (4,9%).  A cela s’ajoute une dette publique que l’on qualifie souvent « d’importante » dans la zone euro, représentant 90,2% du PIB de la zone. Lire la suite